Aurelia, Sauveteuse

Mon histoire dans le sauvetage a commencé par un événement qui a bouleversé ma vie : le jour où j’ai découvert huit minuscules chiots jetés dans un champ, enfermés dans un sac solidement noué. Entendre leurs pleurs déchirants à l’intérieur a été un électrochoc. Grâce à mon amie Cristina, sauveteuse d’expérience, ces huit premiers loulous ont tous été adoptés. Pendant les deux ou trois premières années, c’est elle qui m’a guidée et géré les adoptions des chiens que je récupérais. Par la suite, le bouche-à-oreille a opéré, des personnes de confiance m’ont recommandée, et j’ai pu lier des partenariats avec de formidables associations, dont Les Pattes Oubliées.

Au tout début, je n’avais qu’un simple hangar pour abriter mes rescapés. Année après année, j’ai appris, j’ai progressé et j’ai construit des enclos et des niches pour améliorer constamment leurs conditions de vie. Mais le vrai secret pour stopper la misère, c’est la stérilisation. Nous avons commencé au berceau, en chargeant les chiens des particuliers dans nos propres voitures pour les emmener se faire stériliser à la Smeura avant de les ramener chez eux. Aujourd’hui, notre action a pris une ampleur immense : rien que pour cette année 2026, nous avons déjà stérilisé 1 219 animaux !

C’est un travail colossal qui demande énormément de sacrifices. Financièrement, j’y mets tout mon argent personnel. J’ai la chance immense d’avoir une fille extraordinaire qui prend en charge toutes les dépenses de la maison pour me permettre de me consacrer entièrement aux animaux, même si je culpabilise parfois de lui imposer ce poids.

Sur place, mes enclos ont un espace limité. C’est pour cela qu’il est vital que mes protégés s’envolent vers leurs familles dès qu’ils sont prêts : chaque départ libère une place pour sauver une autre âme. Et mon combat ne s’arrête pas aux portes du refuge ; j’ai en permanence de l’eau et des croquettes dans mon coffre pour nourrir les chiens sauvages inattrapables que je croise dans les champs ou près de l’usine où je travaille. C’est ma vie, mon quotidien, et je me battrai tant que je le pourrai pour eux.